| Où en serait l?opéra sans ses duos entre soprano et ténor ? Que le duo soit conflictuel ou lar-moyant, d?un enthousiasme joyeux ou d?un érotisme franc, c?est l?entrelacs de deux voix de haut vol qui donne à l?opéra son c?ur émotionnel. Comme le dit Rolando Villazón: «Lorsque l?opéra montre deux jeunes amants sur scène qui sont prêts à mourir l?un pour l?autre, le public doit sen-tir leur passion.»La séduction vocale est d?autant plus grande si la prestance physique est à l?avenant, et à cet égard la soprano russe Anna Netrebko et le ténor mexicain Rolando Villazón sont idéaux. Netrebko et Villazón se sont en effet imposés comme le nouveau tandem lyrique de rêve en chantant La Traviata de Verdi au Festival de Salzbourg en 2005; Depuis lors, ils ont conquis les scènes du monde entier: dans Roméo et Juliette de Gounod à Los Angeles, dans Rigoletto de Verdi au Metropoli-tan Opera de New York (sous la direction de Plácido Domingo, qui s?y connaît en raffinement vocal), et dans Manon de Massenet à Los Angeles à l?automne dernier (sous la baguette de Do-mingo, encore une fois). Dans Manon, d?après le Berliner Morgenpost, «l?alchimie de Netrebko avec Villazón a provoqué des étincelles cosmiques». |